Performance à la Côtelette
À l'occasion de la présentation au public de mon tableau « Portrait de Côtelette ». Je poursuis ainsi mes expérimentations artistico-culinaires au travers de ces performances filmées. J'ai d'ailleurs appris que le phénomène qui consiste à se filmer en train de manger, dont je savais qu'il était relativement tendance depuis bon nombre d'années sur Youtube, possède un nom originaire de Corée du Sud : le Mukbang (ou le Meokbang).

Performance à la Côtelette
5'10 » de consommation passionnée d'une Côtelette d'Agneau
Cette action filmée a été réalisée spécifiquement à l'occasion de la présentation officielle au public de ma dernière œuvre picturale intitulée « Portrait de Côtelette ». L'événement marque une convergence entre la fixité de la peinture à l'huile et la temporalité éphémère de la performance vivante.
Cette performance, centrée sur l'acte de dégustation, s'inscrit dans la continuité des explorations de l'artiste autour des représentations culinaires et organiques. L'œuvre peinte ouvre le dialogue avec une action performative qui en prolonge l'intention, invitant à une réflexion sur la matérialité et la consommation. Ce dialogue entre le tableau et la performance est une constante dans la démarche, à l'image d'autres travaux où le corps de l'artiste est mis en jeu, comme la Performance à la Pomme chez Laure Matarasso, explorant les liens entre l'art et l'éphémère.
La vidéo documente l'intégralité du processus de manducation, capturant l'instant sensible où le sujet représenté rejoint l'expérience du corps de l'artiste. À travers ce plan fixe, le spectateur assiste à une ingestion qui dépasse la simple fonction nutritive pour devenir une véritable mise en abyme de l'œuvre elle-même.
Par ce geste de dévotion charnelle, je poursuis mes expérimentations artistico-culinaires au travers de ces performances filmées, explorant la frontière ténue entre l'objet d'art, la représentation symbolique et la matière organique brute. Ce passage de l'image (le tableau) à la réalité tangible (la viande) souligne le cycle de la consommation, tant visuelle que physique.
J'ai d'ailleurs appris que ce phénomène particulier qui consiste à se filmer ostensiblement en train de manger — pratique dont je savais qu'elle était relativement tendance depuis de nombreuses années sur les plateformes comme Youtube — possède un nom précis originaire de Corée du Sud : le Mukbang (ou le Meokbang). Ici, toutefois, l'esthétique du Mukbang est détournée pour servir une démarche plastique où la mastication devient un acte de création ou de destruction de l'image.
Cette approche se connecte avec d'autres œuvres du corpus où des éléments du quotidien, souvent liés à l'alimentation ou à des objets familiers, sont élevés au rang d'œuvre d'art, comme par exemple lors de la peinture d'un Portrait de Pipe. Ces œuvres témoignent d'une attention particulière portée aux détails et à la texture, qu'elle soit picturale ou charnelle, et contribuent à une réflexion plus large sur la perception et la représentation du réel.
Ce travail de performance s'inscrit en résonance directe avec la toile suivante, qui a servi de point de départ à cette réflexion sur l'organique :
- Dimensions : 27 x 22 cm
- Technique : Huile sur toile
- Année : 2026